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À l'autre bout de la mer

Giulio Cavalli

L'Observatoire, 2021

« Che poi non si smette mica di essere pescatori, non è che si lascia una mattina la cerata appesa al filo, si scavalcano gli stivali e si esce per la strada a dire eccomi sono qua, adesso sono anch’io uno di voi, sono tornato normale, me ne fotto dei venti e delle correnti e delle maree e mi metto la giacchetta per essere come voi, non puzzo più di alghe e non ho le dita ruvide per le lische, scusate mi sono sbagliato, non era vera tutta la storia delle catene della terraferma che vi tengono legati ai vostri tristi cortili tutti uguali delle case tutte uguali in fila come la merda dei vostri cani che cagano tutte le mattine alla stessa ora portandovi a spasso con il guinzaglio e le ciabatte. Per questo me la prendo, quando mi dicono quindi Giò hai smesso finalmente di fare il pescatore ?, e ridono come si ride davanti a un prete spretato perché l’hanno beccato in canonica a cavalcioni sulla perpetua. Faccio altro, vero, perché mi hanno tolto il mare e un pescatore senza mare è come un uccello che striscia, che ci sta a fare un pescatore in una città che ha recintato il mare ? »

« Parce qu’on ne cesse pas d’être pêcheur comme ça, on ne se réveille pas un matin en laissant son ciré accroché au porte-manteau, en enjambant ses bottes et en sortant dans la rue pour dire me voilà, maintenant je suis des vôtres, je suis redevenu normal, je me fous des vents, des courants et des marées, je mets une veste pour être comme vous, je ne sens plus l’algue et mes doigts ne sont plus agressés par les arêtes et les écailles, excusez-moi je me suis trompé, ce n’était pas vrai l’histoire des chaînes de la terre ferme qui vous retiennent dans les cours tristes toutes pareilles de vos immeubles tous pareils en file comme la merde de vos chiens qui chient tous les matins à la même heure en vous traînant avec votre laisse et vos pantoufles. C’est pour ça que je m’énerve quand on me dit alors Giò tu as enfin arrêté la pêche ?, en riant comme on rit devant un curé défroqué après avoir été surpris dans le presbytère à califourchon sur sa servante. Je fais autre chose, en effet, parce qu’on m’a retiré la mer et un pêcheur sans mer c’est comme un oiseau qui rampe, que peut faire un pêcheur dans une ville qui a clôturé la mer ? »

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Loyauté

Letizia Pezzali

Fayard, 2021

« Penso alla frase di Michele : "Se parlerai di noi, fallo con lealtà". Penso alla lealtà. Esiste una parola piú nobile, per definire un rapporto fra due persone ? La parola amicizia oggi ha perso molto del suo significato, diventando un sinonimo di contatto, di rete, di connessione. La parola amore si porta dietro tutto il peso della storia : la storia del cuore, fatta di emozioni impraticabili, di sentieri a strapiombo, di aperture inattese e di improvvise segregazioni. Di sangue. La parola lealtà invece mantiene una schiettezza, mostra tutti i suoi legami con la sincerità, la giustizia, l’apertura. È troppo astratta ? È troppo difficile ? Porta con sé dei rischi ? La lealtà talvolta mostra le venature dell’attaccamento e dell’eccessiva devozione. »

« Je pense à la phrase de Michele : "Si tu parles de nous, fais-le avec loyauté." Je pense à la loyauté. Existe-t-il un mot plus noble, pour définir un rapport entre deux personnes ? Le mot amitié a perdu aujourd’hui beaucoup de son sens, en devenant synonyme de contact, de réseau, de connexion. Le mot amour porte en lui tout le poids de l’histoire : l’histoire du cœur, faite d’émotions impraticables, de sentiers abrupts, de perspectives inattendues et de ségrégations soudaines. De sang. Le mot loyauté, en revanche, conserve une certaine authenticité, montre ses liens avec la sincérité, la justice, l’ouverture. Est-il trop abstrait ? Trop difficile ? Contient-il des risques ? La loyauté révèle parfois les nervures de l’attachement et du dévouement excessif. »

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L'empire de la poussière

Francesca Manfredi

Robert Laffont, 2021

« Giù in paese la chiamavano la casa cieca, per via delle finestre piccole, su tre lati soltanto, e del lato senza aperture, che accoglieva chi arrivava dalla strada. Da quella prospettiva sembrava un blocco di cemento bianco, una scatola da scarpe. "Lei è la bambina della casa cieca", avevo sentito dire a un paio di ragazzini a scuola, più grandi di me, durante l’intervallo in cortile.
Dopo quello che successe, nel 1996, presero a chiamarla la casa nera, oppure la casa maledetta, o ancora la casa dai mille piedi, per via degli insetti scuri, che ancora si vedevano camminare sul bianco dei muri, almeno a detta di chi si spingeva abbastanza vicino. In pochi usavano quei nomi davanti a me, in pochi si avvicinavano alla casa : il postino, due volte a settimana ; qualche ragazzo, di sera, per una scommessa fatta con gli amici : suonava il campanello e scappava via di corsa, sulla strada che portava al paese. Poi la casa smise di destare interesse, e quello che era accaduto prese la forma di una leggenda, una storia che si tramanda, modificandosi, di volta in volta, a seconda di chi la racconta. »

« Au village on l’appelait la maison aveugle, à cause de ses petites fenêtres, présentes sur trois côtés seulement, et absentes sur le quatrième qu’on voyait en arrivant par la route. Depuis cette perspective elle ressemblait à un bloc de béton blanc, une boîte à chaussures. C’est la fille de la maison aveugle, avais-je entendu dire deux garçons, plus grands que moi, dans la cour de l’école pendant la récréation.
Après ce qui arriva en 1996, on l’appela la maison noire, ou la maison maudite, ou encore la maison des mille-pattes, à cause des insectes bruns qu’on voyait encore ramper sur le blanc des murs, du moins selon ceux qui s’aventuraient assez près. Peu prononçaient ces noms devant moi, peu s’approchaient de la maison : le facteur, deux fois par semaine ; des gamins, le soir, qui faisaient des paris – ils sonnaient et partaient en courant, sur la route qui menait au village. Puis la maison ne suscita plus d’intérêt, ce qui était arrivé prit la forme d’une légende, d’une histoire qui se transmet et se modifie chaque fois, selon qui la raconte.
 »

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Napoli mon amour

Alessio Forgione

Denoël, 2021

« Per strada la gente parlava, chi con altre persone, chi al telefono. Alcuni sedevano nelle piazze, altri al tavolino di un bar. Continuai a camminare, da solo, e mi sembrò di non aver fatto altro, nella vita, se non camminare da solo. Mi ritrovai davanti al mare e nell’impossibilità di proseguire mi sentii braccato. Era lì, davanti a me, fermo e immobile ed enorme. Pensai che a molte persone le città di mare davano l’idea d’infinito, perché gli offrivano, in una maniera piuttosto semplice ed elementare, la possibilità della fuga. A me no, non avevo questa sensazione. Pensai che avevo camminato e che la città era finita e che non m’era successo niente e che non c’era la possibilità d’andare oltre e poi mi ricordai che in nave mi piaceva guardare il mare, perché mi piaceva immaginare che oltre l’orizzonte, ovunque fossi, ci fosse Napoli. »

« Dans la rue les gens parlaient, qui avec d’autres personnes, qui au téléphone. Certains étaient assis sur les places, certains aux tables des cafés. Je continuai à marcher, seul, et j’eus l’impression de ne pas avoir fait autre chose, dans ma vie, que marcher seul. J’arrivai devant la mer et, dans l’impossibilité de poursuivre, je me sentis piégé. Elle était là, devant moi, figée, immobile, énorme. Je pensai que pour beaucoup de gens les villes de bord de mer donnaient une idée d’infini, offrant d’une manière assez simple et élémentaire la possibilité de la fuite. Moi non, je n’avais pas cette sensation. Je pensai que j’avais marché, que la ville était finie, qu’il ne m’était rien arrivé et qu’il n’était pas possible d’aller plus loin, puis je me rappelai qu’en bateau j’aimais regarder la mer, parce que j’aimais imaginer que derrière l’horizon, où que j’étais, il y avait Naples. »

Prix Méditerranée (roman étranger) 2021

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Je suis la bête

Andrea Donaera

Cambourakis, 2020

« E Mimì pensa che li ammazza tutti. Tutti, se non se ne vanno, se non se ne vanno da lì, se non lo lasciano da solo, in quella sala, Mimì fa un macello, li ammazza tutti. In quella sala, dove ci sono stati momenti belli, solo momenti belli, serate di carte, vino, amici, parenti, discorsi, progetti, risate, donne di là a dormire, in quella sala, che la si apriva solo per questo, per le serate. E ora, tutto umido, tutto suda, e una bara, chiusa, circondata dalle sedie, sedie ovunque. Le donne, sedute, che si fanno aria con i ventagli, i maschi, in piedi, che vanno e vengono, i vestiti, la pelle, tutto umido, tutto suda, i mobili pure, tutto. Le persone, le tazze, i thermos, le moke. Tutto. E c’è un odore in quella sala, un odore insopportabile che si posa ovunque, caffè corretto con l’anice. »

« Et Mimì pense qu’il va les tuer tous. Tous, s’ils ne partent pas, s’ils ne partent pas d’ici, s’ils ne le laissent pas seul, dans ce salon, Mimì va faire un carnage, il va les tuer tous. Dans ce salon, où il y a eu de bons moments, rien que des bons moments, des soirées à jouer aux cartes, du vin, des amis, des parents, des discussions, des projets, des rires, les femmes à côté en train de dormir, dans ce salon, qu’on n’ouvrait que pour ça, pour les soirées. Et maintenant, tout est humide, tout suinte, avec un cercueil, fermé, entouré de chaises, des chaises partout. Les femmes, assises, qui se donnent de l’air avec leurs éventails, les hommes, debout, qui vont et viennent, les vêtements, la peau, tout est humide, tout suinte, même les meubles, tout. Les personnes, les tasses, les thermos, les cafetières. Tout. Et il y a une odeur dans ce salon, une odeur insupportable qui se dépose partout, de café corretto à l’anis. »

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Les femmes de

Caterina Bonvicini

Gallimard, 2020

LUCREZIA (La madre di)

« Grazie per il passaggio, cara. Sei capitata male, tesoro, questa famiglia tende sempre ad allargarsi : adesso ti fanno accompagnare a casa pure la nonna. Oh, sei troppo educata, bambina mia. Invece ho ragione : ti innamori di un uomo e ti ritrovi sul gobbo le sue mogli, le sue figlie, sua madre e sua sorella. Che fregatura, santo cielo. Soprattutto se si considera che lui è sparito. Guarda che non c'è niente da ridere. Spero che ti sia pentita di aver passato le feste con noi, a casa tua saresti stata sicuramente più tranquilla. Gentili ? Oddio, è proprio l'ultimo aggettivo che userei. Credimi, ti affascinano tanto solo perché sono molto più vecchie di te. È facile per loro. Mia nipote Giulia, per esempio, ti affascina ? È inutile che abbassi gli occhi, cara, era una domanda retorica. Certo  che no. E ti sei chiesta perché ? Te lo dico io : perché è l'unica che ha meno esperienza di te. Guarda la strada, cara, se no andiamo a sbattere contro un palo. E soprattutto non guardarmi così, non voglio essere adorata anch'io, per carità. Due nipoti bastano e avanzano, se dovessi adottare tutte le amanti di mio figlio avrei una colonia. »

LUCREZIA (La mère de)

« Merci de me raccompagner, ma chérie. Tu es mal tombée, cette famille a une fâcheuse tendance à s’élargir : maintenant on te demande carrément de ramener la grand-mère. Oh, tu es trop bien élevée, mon enfant. Pourtant j’ai raison : tu t’éprends d’un homme et tu te retrouves avec ses femmes, ses filles, sa mère et sa sœur sur le dos. Ciel, quelle escroquerie. Surtout si l’on considère que l’homme en question a disparu. Il n’y a pas de quoi rire. J’espère que tu regrettes d’avoir passé les fêtes avec nous, chez toi tu aurais sûrement été plus tranquille. Gentilles ? Mon Dieu, c’est bien le dernier adjectif que j’utiliserais. Crois-moi, elles te fascinent autant juste parce qu’elles sont beaucoup plus âgées que toi. C’est facile pour elles. Ma petite-fille Giulia, par exemple, elle te fascine ? Ne baisse pas les yeux, ma chérie, c’était une question rhétorique. Bien sûr que non. Et tu t’es demandé pourquoi ? Je vais te le dire : parce que c’est la seule qui a moins d’expérience que toi. Regarde la route, ma chérie, sinon on va se prendre un poteau. Et surtout ne me regarde pas comme ça, je ne veux pas être adorée moi aussi, par pitié. Deux petites-filles me suffisent largement, si je devais adopter toutes les maîtresses de mon fils j’aurais une colonie. »

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De rien ni de personne

Dario Levantino

Rivages, 2020

« Cammino. Potrei chiudere gli occhi e non inciampare, a Brancaccio. Non lo so se mi piace. Suppongo di no, ma è qui che sono nato : mi chiamo Rosario, non Jonathan. Le macchine sono posteggiate di sghembo ; dai muretti le festuche mi danno il cinque quando passo ; dei bambini giocano con una lattina di Coca-Cola.
Brancaccio. Un aborto urbano, un non luogo. Che ci venite a fare qui, stupidi turisti ? Io, che invece ci sono cresciuto, cammino con sicurezza : non guardo le vie, mi oriento col naso. C’è puzza di grasso e polvere e soffritto di cipolla. C’è un odore saggio, che corrode, che mi conosce, quello del mare. Il Tirreno dista pochi metri da casa mia, quando indosso i vestiti che mia mamma stende fuori, profumano di smog e mareggiate. »

« Je marche. Je pourrais fermer les yeux sans trébucher, à Brancaccio. Je ne sais pas si j’aime ce quartier. Je suppose que non, mais c’est là que je suis né : je m’appelle Rosario, pas Jonathan. Les voitures sont garées de travers ; les touffes de mauvaise herbe sont si hautes que je peux les saluer du plat de ma main en passant ; des enfants jouent avec une canette de Coca-Cola.

Brancaccio. Un avortement urbain, un non-lieu. Que venez-vous faire ici, stupides touristes ? Moi, qui y ai grandi en revanche, je marche avec assurance : je ne regarde pas les rues, je m’oriente à l’instinct. Des effluves de graisse, de poussière et d’oignon frit. Une odeur subtile, qui ronge, qui me connaît, celle de la mer. La mer Tyrrhénienne est à quelques mètres de chez moi, quand j’enfile les vêtements que ma mère étend sur le balcon, ils sentent le brouillard et les embruns. »

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L'été meurt jeune

Mirko Sabatino

Denoël, 2019

« Quando sei solo le cose ti succedono tutte intere.

In teoria questa legge dovrebbe valere anche per la felicità, ma non le si adatta per via di quella parola – solo – intorno alla quale la felicità, per quanto si possa sistemarla, tirarla, rincalzarla, fa sempre le grinze.
Avevo dodici anni e mezzo quando ho cominciato a essere solo, e da allora non ho mai smesso. È diventata un’attività, piú che una condizione. Per cui, quando ho saputo che l’avrebbero tirata fuori, sono tornato nel mio paese natale cosí come, parecchi anni prima, me n’ero andato.
Solo. »

« Quand on est seul, les choses nous arrivent tout entières.
En théorie, cette règle devrait valoir aussi pour le bonheur, mais elle n’y parvient pas à cause de ce mot — seul — autour duquel le bonheur, qu’on a beau arranger, étirer, border, achoppe toujours.
J’avais douze ans et demi quand j’ai commencé à être seul, et depuis je n’ai jamais cessé de l’être. C’est devenu une activité, plus qu’une condition. Ainsi, quand j’ai su qu’on allait la repêcher, je suis retourné dans mon village natal exactement comme, il y a plusieurs années, je l’avais quitté.
Seul. »

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Gracchus le chasseur

Martoz

Actes Sud-L'An 2, 2019

Gracchus le chasseur est adapté d’une nouvelle éponyme de Franz Kafka, restée inachevée, Der Jäger Gracchus (1916/17), dont on connaît deux variantes. Le protagoniste est un chasseur blessé lors d’une chasse au chamois dans la Forêt noire. Croyant sa mort prochaine, il enfile son suaire et s’étend sur la civière qui le portera jusqu‘à l‘au-delà. Mais l’embarcation funéraire qui doit l’y conduire est détournée et le ramène dans la région dont il est originaire.
Revenu dans son pays natal, Gracchus le chasseur, ni vivant ni défunt, mais guidé par le vent « qui souffle dans les régions les plus souterraines de la mort », erre et fait une série de rencontres avec des personnages qui parlent une langue très étrange, où les mots semblent déformés.

Le livre aborde les questions de la souffrance, de la mort, de l’exil, du péché originel, du voyage de la vie. 


Martoz propose une adaptation extraordinaire du texte de Kafka : on dirait que Picasso, Francis Bacon et Miro ont unis leurs talents pour se mettre à la bande dessinée.
La traductrice, Lise Caillat, se hisse au même niveau, inventant une langue inédite.

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Opposition et Libération

Aldo Capitini, Goffredo Fofi, Piergiorgio Giacchè

Cahiers de l'Hôtel de Galliffet, 2018

Philosophe et pédagogue, Aldo Capitini (1899-1968) a été une personnalité majeure de la culture et de la politique italiennes du XXe siècle. Aujourd’hui, cinquante ans après sa disparition, peu se souviennent de lui, même en Italie. Pourtant, Norberto Bobbio l’a évoqué comme une figure clé de l’histoire de la spiritualité italienne. Antifasciste non violent pendant la résistance armée, végétarien en des périodes d’indigence générale puis de bien-être festif, irréductible pro-mouvements au moment de la renaissance des partis, homme politique refusant la candidature électorale, religieux ouvert demandant à être débaptisé et invitant les laïcs à une adjonction religieuse sans laquelle on ne peut organiser une efficace opposition : ainsi a vécu Aldo Capitini, « le Gandhi italien », l’homme qui en 1961 organise la première Marche pour la Paix Pérouse-Assise, devenant la principale référence du pacifisme en Italie.

Cette anthologie, la première publiée en France, invite à découvrir une personnalité hors norme, où vie et pensée s’enlacent dans la parfaite cohérence d’une rigueur éthique qui refuse de se plier à l’acceptation de la loi brutale de la réalité.

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L'amour qui me reste

Michela Marzano

Grasset, 2018

« Tutto perde confine, è indistinto, come quando ero bambina e in campagna, verso sera, contavo le rondini e i pipistrelli e non riuscivo mai a capire quale fosse il primo pipistrello e quale l'ultima rondine. Era sempre cosí, allora. Anche quando arrivava mia madre e gridava "basta", gridava "guarda dove metti i piedi", gridava "ma dove hai la testa ?" Un passo dopo l'altro. Un giorno dopo l'altro. "Quand'è che metti la testa a posto ?" urlava. Poi sei arrivata tu e tutto è andato a posto, non solo la testa. La strada da percorrere. I confini. L'ultima rondine e il primo pipistrello. Un passo dopo l'altro e un giorno dopo l'altro. Anche quando mia madre gridava "basta", e perdevo il conto dei passi.

Adesso come faccio a contare di nuovo ? »

« Les contours s'effacent, tout est indistinct, comme quand j'étais petite et qu'à la campagne, le soir, je comptais les hirondelles et les chauves-souris sans jamais réussir à repérer la première chauve-souris et la dernière hirondelle. C'était toujours la même chose, alors. Quand ma mère arrivait et criait "ça suffit", elle criait "regarde où tu mets les pieds", elle criait "mais où as-tu la tête ?" Un pas après l'autre. Un jour après l'autre. "Tu vas mettre de l'ordre dans ta tête ?" hurlait-elle. Puis tu es arrivée et tout s'est remis en ordre, pas seulement dans ma tête. La route à parcourir. Les contours. La dernière hirondelle et la première chauve-souris. Un pas après l'autre, un jour après l'autre. Même quand ma mère criait "ça suffit", et que je perdais le compte de mes pas.

Comment compter à nouveau maintenant ? »

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La révolution Sergio Leone

Gian Luca Farinelli, Christopher Frayling

La Table Ronde, 2018

En accueillant l'exposition Il était une fois Sergio Leone – conçue par Gian Luca Farinelli, directeur de la Cineteca de Bologne –, la Cinémathèque propose un événement Sergio Leone pour le grand public, que promouvra une campagne de communication déployée dans la France entière. Films, conférences et rencontres se succéderont pendant quatre mois, et le livre-catalogue, dont la publication a été confiée aux Éditions de La Table Ronde, accompagnera cette rétrospective.

 

Co-écrit par Gian Luca Farinelli et Christopher Frayling, biographe attitré de Sergio Leone, l'ouvrage réunit des écrits du cinéaste, des textes critiques sur son œuvre, des entretiens avec certains de ses plus proches collaborateurs ainsi qu'une filmographie exhaustive. Il sera complété de documents issus des collections de la Cineteca et autres images illustrant le travail du réalisateur.

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Magnifica

Maria Rosaria Valentini

Denoël, 2018

« Ada Maria si sentiva davvero a proprio agio in mezzo agli alberi, ai sentieri scoscesi, a bolle di roccia calcarea. Conosceva le piante, riconosceva le impronte di tanti animali, i muschi, i funghi. Sapeva dove e quando trovare nocciole, more, sambuco, asparagi, gelsi, spore, susine brune. A volte avanzava in macchie di verde talmente fitte da sentirsi affogare tra rami e foglie. A volte il paese scompariva da ogni vista, allora lei che non era mai partita – mai stata da nessuna parte – provava a immaginare la distanza, la separazione dalle due stanzette di casa, dal fratello, dal padre, dalla piazza. »

« Ada Maria se sentait vraiment à l'aise au milieu des arbres, des sentiers escarpés, des bulles de roche calcaire. Elle reconnaissait les plantes, les empreintes de nombreux animaux, les mousses, les champignons. Elle savait où et quand trouver des noisettes, des mûres, du sureau, des asperges, des spores, des mirabelles. Il lui arrivait de traverser des fourrés tellement épais qu'elle avait la sensation de se noyer dans les feuillages et les branches. Parfois le village échappait complètement à sa vue, alors elle qui n'était jamais partie – jamais allée nulle part  tentait d'imaginer la distance, la séparation d'avec sa maisonnette, son frère, son père, la place. »

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Petite femme

Anna Giurickovic Dato

Denoël, 2018

« Odio questa casa, dice Maria, e tutto quest'odio lo sento riversarsi su di me, mentre mi osserva con severità, segue i contorni stanchi del mio corpo e ne prova antipatia, incontra i miei occhi gelosi, spaventati ?, e ne prova pena. Ma una pena senza amore, senza un briciolo di compassione, priva di tenerezza, pena simile a disgusto, malcelato disprezzo, desiderio di essere il quanto più possibile lontana da ciò che sono io, sua madre. »

 

« Je déteste cet appartement, dit Maria, et je sens toute sa haine se déverser sur moi, tandis qu'elle me toise avec sévérité, suit les contours fatigués de mon corps en éprouvant de l'antipathie, croise mes yeux jaloux, effrayés ?, en éprouvant de la peine. Mais une peine sans amour, sans une once de compassion, privée de tendresse, une peine semblable au dégoût, au mépris mal dissimulé, au désir d'être le plus loin possible de ce que je suis, sa mère. »

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Smith & Wesson

Alessandro Baricco

Gallimard, 2018

« RACHEL : (...) E adesso riassumo : ci aspettavamo un sacco di cose dalla vita, non abbiamo combinato niente, stiamo scivolando giù nel nulla e lo stiamo facendo in un buco di culo dove una splendida cascata ogni giorno ci ricorda che la miseria è un'invenzione degli uomini e la grandezza il normale andazzo del mondo. Potremmo spararci, ma non abbiamo neanche i soldi per comprare una pistola. Quindi siamo nella merda, tutti e tre, e una sola cosa ci può salvare.

WESSON : Sarebbe ?
RACHEL : Il nostro talento.

SMITH : Sarebbe ? »

« RACHEL : (…) Maintenant je résume : on attendait un tas de choses de la vie, on n'a rien fait de bien, on glisse peu à peu vers le néant, et ce dans un trou paumé où une splendide cascade nous rappelle tous les jours que la misère est une invention humaine et la grandeur le cours naturel du monde. On pourrait se tirer une balle, mais on n'a même pas de quoi s'acheter un revolver. Bref, on est dans la merde, tous les trois, et une seule chose peut nous sauver.

WESSON : Laquelle ?

RACHEL : Notre talent.

SMITH : Lequel ? »

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Le pays que j'aime

Caterina Bonvicini

Gallimard, 2016

« Amavo Olivia di un amore nuovo. Era strano : c'era un oggi emozionante e c'era un domani da sognare, ma bastava una nevicata per richiamare tutto il passato. Ricordo una sera a Bologna, i lampioni illuminavano i fiocchi larghi, che sembravano d'oro controluce. Guardavamo in su ipnotizzati. Forse era un segno. Pensavamo a quando prendevamo lo slittino e ci buttavamo giù dalla collina – a tutta velocità, abbracciati, urlando – e mia madre diceva che prima o poi ci saremmo spaccati la testa tutti e due. Però a noi non importava, insieme eravamo disposti a qualsiasi schianto. »

« J'aimais Olivia d’un amour nouveau. C’était étrange : il y avait un aujourd'hui palpitant et un demain à rêver, mais une chute de neige suffisait à faire resurgir tout le passé. Je me souviens d’un soir à Bologne, où la lumière des réverbères jouait avec les larges flocons, qui à contre-jour évoquaient des pièces d'or. Nous regardions en l'air, hypnotisés. C'était peut-être un signe. Nous pensions aux fois où nous prenions notre luge pour nous élancer du haut de la colline – à toute vitesse, agrippés l'un à l'autre, en hurlant – avec ma mère qui disait que tôt ou tard nous allions nous fendre le crâne. Mais nous ne l'écoutions pas, ensemble nous étions prêts à toutes les chutes. »

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Les beignets d'Oscar ou Mes 100 jours de bonheur

Fausto Brizzi

Fleuve, 2015

« Il mio nome proprio è Lucio che, nell'hit-parade dei nomi brutti, si piazza al settimo posto assoluto dopo Pino, Rocco, Furio, Ruggero, Gino e l'inarrivabile Gennaro. Mia madre era una fan del buon Battisti che in quegli anni intonava dai juke-box La canzone del sole e cosí ecco scelto il mio autografo per sempre : Lucio Battistini. Capite ? Eh già, perché è qui la vera ironia, il cognome di mio padre : Battistini ! Adesso capite perché la mia vita è stata sempre in salita ? Immaginate un ragazzino degli anni Settanta, cicciabomba brufoloso con occhialoni talpati, quasi omonimo del piú famoso cantautore italiano e, confessate, anche voi mi avreste preso per il culo. »

« Mon prénom à moi c'est Lucio, et dans le hit-parade des prénoms moches, Lucio occupe la septième place incontestée après Pino, Rocco, Furio, Ruggero, Gino et l'inégalable Gennaro. Ma mère était une fan du bon vieux Battisti qui, ces années-là, faisait vibrer les juke-box avec La canzone del sole, d'où ma signature fixée pour l'éternité : Lucio Battistini. Vous comprenez ? Eh oui, parce que toute l'ironie est là, dans le nom de famille de mon père : Battistini ! Vous comprenez maintenant pourquoi dans ma vie j'ai toujours dû ramer à contre-courant ? Imaginez un petit gars des années soixante-dix, bouboule et boutonneux portant des culs-de-bouteille, quasi-homonyme du plus célèbre chansonnier italien et, avouez-le, vous vous seriez foutu de ma gueule comme tout le monde. »

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Trois fois dès l’aube

Alessandro Baricco

Gallimard, 2015

« Era l'alba. Guardò il cielo lontano rischiarato da una luce ambigua e non fu più sicuro di niente. La donna chiese se la stava covando, quella birra, e allora lui andò a portargliela. Si segga, disse la donna, ma con un tono dolce, questa volta. Un attimo, disse l'uomo, e ritornò alla finestra. C'era quella luce. Pensò che era un invito, ma adesso gli risultava complicato capire se era rivolto anche a lui. Guardò l'orologio come se ci fosse qualche probabilità di trovare lì una qualche risposta e non ne dedusse nulla di utile, tranne la vaga impressione che fosse un'ora sbagliata per un sacco di cose. »

« C'était l’aube. Il regarda le ciel au loin gagné par une lumière ambiguë et ne fut plus sûr de rien. La femme demanda s'il attendait qu'elle soit chaude, cette bière, alors il la lui apporta. Asseyez-vous, dit la femme, avec douceur cette fois. Un instant, dit l'homme, et il retourna devant la fenêtre. Cette lumière. Il crut y voir une invitation, mais il avait du mal à comprendre si elle s'adressait à lui aussi. Il regarda sa montre comme s'il y avait quelques probabilités de trouver là une réponse et n'en retira rien d'utile, à part la vague impression que c'était une mauvaise heure pour un tas de choses. »

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Mr Gwyn

Alessandro Baricco

Gallimard, 2014

« ― Quando fece a me il ritratto, io lo lessi, alla fine, e c'era un paesaggio, a un certo punto, quattro righe di un paesaggio, e io sono quel paesaggio, mi creda, io sono tutta quella storia, sono il suono di quella storia, il passo e l'atmosfera, e ogni personaggio di quella storia, ma con un'esattezza sconcertante sono perfino quel paesaggio, lo sono sempre stata, e lo sarò per sempre.

Il vecchietto le sorrise.

 ― Sono sicuro che era un paesaggio bellissimo.

 ― Lo era, disse Rebecca. »

« ― Quand il a fait mon portrait, je l'ai lu, une fois terminé, et il y avait un paysage, à un moment donné, un paysage en quatre lignes ; eh bien, je suis ce paysage, croyez-moi, je suis toute cette histoire, je suis les bruits de cette histoire, son rythme et son atmosphère, chaque personnage de cette histoire, mais je suis aussi avec une exactitude déconcertante ce paysage, je l'ai toujours été et le serai toujours.

L'artisan lui sourit.

 ― Je suis sûr que ce paysage était magnifique.

 ― Il l'était, dit Rebecca. »

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Histoire de mon innocence

Francesco Pacifico

Robert Laffont, 2013

« Ora, anche un santo, nel chiedere un prestito a suo padre, deve decidere che genere di figlio è, se un figlio cazzuto, in gamba, o un bambolotto che vivrà all'ombra dei genitori e morirà molliccio. Per questo di solito i santi non chiedono prestiti ai genitori e scelgono la via della povertà. Ma io volevo cambiare lavoro. Dovevo per forza cambiare lavoro, stavo uscendo pazzo. Dovevo mollare il mio posto di redattore alla casa editrice cattolica Non Possumus e cercare un impiego più spensierato. Ma come giudicherete dalla conversazione in cui chiedo il denaro a papino, all'epoca avevo proprio il genere di lavoro che fa esclamare : "Hai voluto la bicicletta ?" »

« Aujourd'hui, même un saint doit décider quel genre de fils il est, un fils qui en a, un fils doué, ou un gros bébé qui vivra dans l'ombre de ses parents et mourra tout mou, au moment de demander un prêt à son père. C'est pourquoi, en général, les saints ne demandent pas de prêt à leurs parents et font vœu de pauvreté. Mais je voulais changer de travail. Il fallait impérativement que je change de travail, j'étais en train de devenir fou. Il fallait que je quitte mon poste de rédacteur au sein de la maison d'édition catholique Non Possumus et que je trouve un emploi moins pénible. Pourtant, comme vous pourrez en juger à travers la conversation dans laquelle je demande l'argent à mon papounet, j'avais alors exactement le genre de travail qui fait s'exclamer : "Tu l'as voulu ton vélo ? Eh bien maintenant, pédale !". »

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Emmaüs

Alessandro Baricco

Gallimard, 2012

« Andre balla  lo fanno tutte, in quel mondo là  le ragazze ballano. Danza moderna, non quelle cose sulle punte. Fanno degli spettacoli, dei saggi, ogni tanto, e dato che anche le nostre ragazze talvolta ballano, noi ci andiamo. Dunque abbiamo visto Andre ballare. In un certo senso lì è come in chiesa, cioè è una comunità ritagliata via dal mondo, genitori e nonni, va da sé che si applaude molto. Non c'è nessuna relazione con la vera bellezza, nemmeno lì. Solo, ogni tanto, c'è qualche ragazza che sta là sopra come producendo una forza, come staccando il corpo da terra. Ce ne accorgiamo perfino noi, che non ne capiamo niente. Alle volte è una ragazza anche brutta, con un corpo brutto  non sembra avere importanza la bellezza del corpo. È come stanno, che conta. »

« Andre fait de la danse  elles en font toutes, dans ce monde-là  les filles font de la danse. De la danse moderne, pas ces trucs sur les pointes. Elles font des spectacles, des démonstrations, de temps en temps, et vu que nos copines dansent aussi parfois, nous y allons. Donc nous avons vu Andre danser. Dans un certain sens, c'est comme à l'église, une communauté retirée du monde, des parents et des grands-parents, il va sans dire qu'on applaudit beaucoup. Il n'y a aucun lien avec la beauté véritable, là non plus. Simplement, par moments, une fille apparaît sur la scène et semble produire une énergie, détachant son corps de terre. Même nous qui ne comprenons rien, nous le remarquons. La fille peut être laide, avec un corps laid  la beauté du corps ne semble pas avoir d'importance. C'est le mouvement, qui compte. »

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Le lent sourire

Caterina Bonvicini

Gallimard, 2011

« Qualche giorno fa sono andata a trovare sua madre. Mentre eravamo in giardino, ha tirato fuori un'immagine che mi ha tolto il respiro. Solo a lei potevano venire in mente delle parole così esatte.
"Il suo sorriso lento", ha detto.

Vero. Perché si apriva gradualmente. Era un'operazione che durava qualche secondo, ma aveva un suo tempo. Si piegavano gli occhi, si alzavano le sopracciglia, si sollevavano gli zigomi : c'era tutta un'armonia dietro, e questa armonia aveva bisogno di coinvolgere piano l'intero viso. Ci sono bocche che scattano, facce che si trasformano in un battito, espressioni che escono rapidissime. Lisa no, aveva il sorriso lento. »

« Il y a quelques jours, je suis allée rendre visite à sa mère. Nous parlions dans le jardin et elle a eu une expression imagée qui m'a coupé le souffle. Seule elle pouvait trouver des mots aussi justes. "Son lent sourire", a-t-elle dit.

Vrai. Parce qu'il s'étirait progressivement. C'était une opération qui durait quelques secondes, mais qui avait son propre tempo. Les yeux se plissaient, les sourcils s'arquaient, les pommettes remontaient : il y avait toute une harmonie derrière, et cette harmonie devait envahir doucement tout le visage. Il y a des bouches qui éclatent, des figures qui se transforment en un éclair, des expressions qui surgissent d’un coup. Lisa non, elle avait le sourire lent. »

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Douze heures avant

Gabriella Ambrosio

Gallimard Jeunesse, 2011

« ... »

« ... »

Avec le soutien d'Amnesty International.

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Sherlock Holmes et le mystère du Palio

Luca Martinelli

Joëlle Losfeld, 2011

« ... »

« ... »

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L'équilibre des requins

Caterina Bonvicini

Gallimard, 2010

« Torino mi piace vuota. Mi sembra più vera quando è in silenzio.

Tanto la riempio io : di squali. Sì, perché nelle mie opere Torino diventa una città sommersa. Fra i palazzi nuotano squali bianchi, tigre, carcarini, grigi di barriera, pinne nere e bianche, squali martello. Uso il materiale di mio padre, passo ore e ore davanti al computer a montare le immagini. Paradossalmente, alla fine, non è il pesce che rissalta, ma la facciata barocca. Quella davanti a cui passiamo tutti i giorni, senza vederla. »

« J’aime Turin vide. Elle me semble plus vraie quand elle est silencieuse.

De toute façon, je la remplis moi-même : de requins. Oui, parce que dans mes œuvres, Turin devient une ville engloutie. Entre les immeubles nagent des requins blancs, des requins-tigres, des carcharins, des gris de récif, des requins à pointes noirs et blancs, des requins-marteaux. J'utilise le matériel de mon père, je passe des heures et des heures devant l'ordinateur à monter les images. Paradoxalement, au bout du compte, ce n'est pas le poisson qui ressort, mais la façade baroque. Celle devant laquelle on passe tous les jours, sans la voir. »

Grand Prix de l'Héroïne Madame Figaro (roman étranger) 2010

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La mort au coeur

Gianni Biondillo

Joëlle Losfeld, 2009

« ... »

« ... »

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Blessures de guerre

Giulia Fazzi

Gallimard, 2007

« Non riesco a infilare la chiave nella serratura della portiera mi trema la mano non riesco a infilarla sto per urlare sto per urlare mi trema la mano mi volto indietro Sandro non mi ha seguita finalmente apro la portiera salgo in macchina mi chiudo dentro e parto verso l'uscita la sbarra è alzata il custode mi guarda come se non mi avesse riconosciuta sono io sono Lisa sono una delle operaie lo vedo che sta per chiedermi qualcosa e io scappo su via dell'Industria ma poi accosto mi fermo scendo e vomito sul ciglio della strada le auto e i camion sfrecciano a poca distanza da me

e sto per urlare

la chiave non si infila nella serratura mi sembra che una mano da dietro stia per afferrarmi il collo e sbattermi la fronte contro la lamiera

ma Sandro non mi ha seguita »

« Je n'arrive pas à faire entrer la clé dans la serrure de la portière ma main tremble je n'arrive pas à la faire entrer je vais hurler je vais hurler ma main tremble je me retourne Sandro ne m'a pas suivie enfin j'ouvre la portière saute dans la voiture m'enferme à l'intérieur et me dirige vers la sortie la barrière est levée le gardien me regarde comme s'il ne me reconnaissait pas c'est moi c'est Lisa je suis une des ouvrières je le vois qui s'apprête à me demander quelque chose alors je file rue de l'Industrie puis je me range m'arrête descends et vomis sur le bord de la route les camions et les automobiles filent tout près de moi

et je vais hurler

la clé ne rentre pas dans la serrure j'ai l'impression qu'une main va m'attraper le cou par-derrière et cogner mon front contre la carrosserie

mais Sandro ne m'a pas suivie »

Coup de coeur du Festival du Premier Roman de Laval 2008

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Le Roman de Ferrare

Giorgio Bassani

Gallimard, 2006

« ... »

« ... »

Participation à la révision de la traduction de Michel Arnaud et Gérard Genot.

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